Formes artistiques et pratiques culturelles

CAUNE couverture Voir le lien pour visualiser la  1ere de couverture du livre

Ce livre, Formes artistiques et pratiques culturelles,  que je viens de publier à l’Harmattan, est significatif de ma démarche et de mes engagements professionnels et militants. Il  envisage de situer le phénomène de l’art et des pratiques culturelles dans un approche qui privilégie la relation interpersonnelle, le support, médium sensible, et le contexte dans lequel l’acte s’inscrit. Autrement dit c’est à travers la médiation sensible et intelligible que l’acte culturel prend son sens : dans une relation au passé et une inscription dans le présent

Durant les quarante dernières années les thématiques concernant les pratiques culturelles, les politiques publiques qui les accompagnent, ainsi que les réflexions et les analyses qui les évaluent et les légitiment ont été confrontées à des déplacements de perspectives et à des transformations profondes. Certains analystes ont parlé de changement de paradigme à propos de l’action culturelle et de l’action publique en matière de culture. Ces questions sont aujourd’hui encore largement en débat et le travail de réflexion est loin d’être abouti, tant sur le plan du cadre théorique que des méthodes de description et d’évaluation. De plus, il n’est pas possible d’envisager ce travail sans introduire la question de l’art, elle aussi en profonde transformation, que ce soit dans ses espaces de production ou dans ses modes de diffusion et de réception.

Dans ce livre, j’ai voulu indiquer les relations qui se nouent entre les formes artistiques et les pratiques culturelles, en fonction d’un cadre de référence donné par les attentes et les expériences des personnes. Mon propos  n’est pas de retracer, même d’un point de vue très large, les changements des pratiques culturelles. Mon intention est plus modeste et plus immédiate. Elle consiste à approfondir quelques notions et quelques évolutions significatives des pratiques culturelles, dans leurs rapports aux phénomènes de communication et aux processus artistiques. Et ce, à partir du point de vue que j’appellerai celui des Humanités contemporaines.

Pour cet objectif, j’ai réuni des textes, écrits entre la fin des années quatre-vingt-dix et aujourd’hui. Ces textes parus dans de revues spécialisées (Hermès, Sciences et société) et généralistes (Cassandre, Mouvement) ou à l’occasion de communication de colloques de sciences humaines et sociales ont un objet commun : les pratiques culturelles et artistiques, leurs places et leurs fonctions dans une société contemporaine fracturée, dans laquelle les usages des techniques et des réseaux se sont démocratisés et développés dans un temps court.

Mon intention est d’éclairer les phénomènes artistiques et culturels qui mettent en œuvre le symbolique. Dans une première approche large, j’appréhenderai la notion du symbolique, comme le fait Paul Ricœur dans le travail d’interprétation d’énoncés (discours ou images), ayant un double sens ou des sens multiples, travail fondé sur une relation sémiotique entre un niveau manifeste, celui de l’expression, et un niveau latent, plus profond. Je consacrerai la deuxième partie de l’ouvrage à la question de la fonction symbolique et de son usure dans notre société livrée au temps court, à la production d’énoncés éphémères de 144 signes et à l’exigence de transparence des phénomènes artistiques.

Le sommaire

1ere partie Pratiques culturelles

I – L’art mis en culture

  1. Art et culture : confusion ou opposition ?
  2. Mort de l’art ou dépassement de l’art ?
  3. La relation transitive : faire art — faire culture — faire société

II – L’avenir d’une utopie

  1. L’éducation : une passion républicaine
  2. Le temps du loisir
  3. Art, culture, société : une relation à refonder
  4. Une nouvelle conquête : les conditions du Vivre-ensemble

III – Pratiques culturelles et médiation artistique : la production du lien social       

  1. Un changement de paradigme de la culture
  2. Culture et expérience vécue
  3. Un dépassement de l’opposition action culturelle/création artistique

IV – Des humanités contemporaines. Un changement de paradigme pour la culture ?

  1. Le contemporain : une mise en crise de l’époque
  2. Valeur objective et valeur culturelle
  3. La crise de la culture ?
  4. Les changements de paradigme

V- Pratiques culturelles et processus de communication. Quels savoirs scientifiques ?

  1. Culture et communication : les deux faces d’une même configuration
  2. L’approche culturelle de la communication
  3. Quelle scientificité pour les phénomènes culturels et communicationnels ?
  4. Noyau épistémique et Forme symbolique

2e partie Communication symbolique

VI – Variations sur l’identité et la différence culturelles          

  1. L’espace-temps des pratiques culturelles
  2. Un nouvel espace-temps
  3. L’appropriation du sens : l’expérience du sujet

VII – De l’usure du symbolique à sa régénération dans les processus de médiation  

  1. Une usure du symbolique
  2. Le symbolique : une catégorie de pensée des sciences de la culture
  3. Le cours du symbolique a baissé
  4. Une relation entre la chose et le signe

VIII – Le corps : objet de discours ; moyen de relation   

  1. Le corps entre science et culture
  2. Tout vient du corps
  3. La libération du corps : le corps regardé

IX – Le mythe de Babel ou la confusion des médiations 

  1. Le récit de Babel : sa place dans la Bible et sa littéralité
  2.  La confusion des projets
  3. La lecture du mythe dans les aphorismes de Kafka

Faire art; faire culture ; faire société

Pour faire société, il faut envisager les médiations multiples qui naissent et font vivre la culture dans son temps. Dans une époque où le travail n’est plus une activité garantie à tous ; où la société est fracturée et les liens d’appartenance distendus ; dans le cadre d’une société multiculturelle qui n’accepte pas le multiculturalisme (la juxtaposition de communautés), où s’exprime le projet de faire société ? Et comment les pratiques culturelles et les formes artistiques peuvent-elles contribuer à s’opposer ou, plus simplement, à offrir une résistance aux réalités de la fracture sociale, de l’exclusion, de la ghettoïsation, de l’assimilation/intégration ?

Il est peut être une autre manière d’échapper au dilemme de l’art enfermé dans le choix entre une « finalité sans fin » et une fonction instrumentale d’outil de l’émancipation individuelle et collective.

Utilité de l’inutilité

Simon Leys, dans Le Studio de l’inutilité, développe le thème de l’utilité sociale et culturelle de l’inutile[1]. L’inutilité de l’échange sans finalité, celle du commerce des idées est « le fondement même de toutes les valeurs essentielles de notre commune humanité ». Cette conception appliquée à l’art prend en considération première le jeu et la gratuité de la jouissance procurée par l’expérience esthétique. Cette attitude de jouissance, qui consiste à tirer plaisir ou joie de quelque chose, est le but ultime de l’art ; elle est « le fondement même de l’expérience esthétique », comme le montre Hans Robert Jauss[2]. Un créateur comme Berthold Brecht (auteur, metteur en scène et théoricien), aussi engagé était-il dans la défense de la fonction sociale du théâtre, faisait du divertissement le but premier de la représentation théâtrale. Le reste devait venir de surcroît.

[1] Leys, S. Le Studio de l’inutilité, essais, Flammarion 2012.

[2] Jauss H. R., Petite Apologie de l’expérience esthétique, tr. de l’allemand, Éditions Allia, 2007.

 

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