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Comprendre le phénomène Macron ?

Tout, ou presque tout, a déjà été écrit à propos de l’apparition de la comète Macron dans le ciel sombre et orageux de la planète France.

La tempête

Giorgione La tempête

Dans un ciel troublé, zébré par les éclairs annonciateurs de la tempête, un jeune soldat rêve de conquérir la belle Marianne courtisée par de nombreux prétendants.

 

L’émergence de ce nouvel objet politique s’est accompagnée d’un grand nombre de commentaires,  du scepticisme le plus distant à l’émerveillement sans distance. Comment évaluer le sens immédiat du phénomène, comment appréhender ses effets différés ?

Le registre des commentaires

Trois types de réaction se sont juxtaposés.

  • Celui des prophéties, heureusement non auto-réalisatrices, qui annonçaient la désagrégation prochaine du phénomène Macron dans la constellation des idées chimériques. La comète n’aurait été qu’une vulgaire météorite qui s’écraserait dans le désert des tartares, quand elle n’était pas une pure construction du système médiatique
  • Celui des assignations aux relents douteux. La qualification de « banquier de chez Rothschild », n’étant pas la moins malveillante.

Banque rotschil

Aurait-il passé trois ans à la BNP, ou ailleurs, la diabolisation aurait-elle été la même ?

Macron - Rotschild.jpeg

 

 

Ou encore l’étiquetage dans des catégories relevant du roman de gare, L’héritier impatient, ou du mélodrame politique, Le traitre caché dans les coulisses du pouvoir

 

  • Enfin, le registre des récits s’inscrivant dans la mythologie du complot. Ce registre s’est enrichi au fur et à mesure de l’accélération de la dynamique conduite par Macron. Trouvant d’abord sa place sur les réseaux sociaux, son énonciation a été reprise par les différentes formes de populisme, qu’il soit de gauche ou de droite.

Les explications complotistes

Macron serait, pour les plus inspirés des conspirationnistes, l’héritier d’une confrérie secrète, les illuminés, qui auraient fait de la pyramide leur symbole, comme le rappelle le sociologue Gérald Bronner, dans un article du Monde daté du 12 mai.

Illuminés 2

Illuminés 3Illuminés-1

La Banque…

 

Ceux qui n’ont pas recherché une explication dans les mythes nés au XVIIIe,  se sont emparés des clichés empruntés à une sociologie de bazar, « La Banque », entité anhistorique, servirait de marqueur au phénomène Macron.

Banque

 

La Banque serait l’agent de la convergence entre les milieux de la finance, les grandes entreprises, et les Médias, associés pour assujettir la société. Le Système, sans autre forme de procès, et sans que la nature du système soit nommé (politique, économique, médiatique… ?), est le lieu où se jouerait cette conspiration.

Onfray dans sa manie destructrice des idoles ; le duo de comique-sociologue, Pinçon-Charlot, — qui ne semble connaître que deux catégories sociales, les riches et les pauvres — ne manquent pas de dénoncer le spectre de l’oligarchie qui guiderait Macron dans son entreprise de mondialisation.

Et sa marionnette…

Marionette

 

Mélenchon n’est pas en reste. Dans sa conception manichéenne du monde, avec ses gros sabots de bateleur, il se fait l’écho de la dénonciation de la main invisible qui tire les ficelles de la marionnette.

 

 

Golem  qui aurait été créé par Jacques Attali pour protéger le système de la finance, Macron a d’abord été considéré, dans sa singularité, à travers les considérations relatives à sa vie privée et professionnelle.

Attali: Macron

Et lorsqu’il fût difficile de nier la force de sa (dé)marche, celle-ci a été réduite, par les acteurs politiques qu’elle bouscule, à une volonté d’effacer l’affrontement droite/gauche.

Le score de Macron au premier tour, puis le résultat du second tour, ont suscité une “divine surprise”, pour ne pas dire un émerveillement, parfois intéressé, souvent illusoire. L’ascension au firmament politique d’un héros providentiel a renvoyé au musée Grévin les leaders des formations politiques, de gauche et de droite.

  Une mise en image télévisuelle de l’entrée dans l’Histoire

La communication événementielle qui a pris en charge l’intronisation de Macron, a choisi un décor qui superpose histoire de la monarchie et modernité de la pyramide du Louvre.

Pyramide.jpeg

La cérémonie a été conçue comme un événement performatif : par la magie de la mise en scène, les 66% des votes exprimés se sont cristallisés en une séquence télévisuelle. L’élection s’est métamorphosée en consécration.

Le miracle de la rose

L’affinité avec la cérémonie du 13 mai 1981 — conçue également pour la télévision, pour célébrer l’entrée de Mitterrand dans l’histoire — s’impose.

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Après s’être détaché de la petite foule conduite par ses proches — les dirigeants socialistes français et étrangers —, Mitterrand est entré au Panthéon, une rose à la main.

Mitterrand se détache-1

La rose du Panthéon-1

 

Le miracle de la démultiplication de la rose déposée sur la tombe des grands ancêtres de la République auxquels il rendait hommage, est, malgré tout, restée présente dans sa main.

 

Ce geste a opéré la sacralisation. Le dialogue silencieux de Mitterrand avec les figures de l’Histoire l’a transfiguré en monarque républicain.

 Le temps retenu de l’Histoire

Macron, lui, a surgi de nulle part : du hors champ de l’image.

Son pas a pris le temps d’entrer dans l’Histoire.

Entrée Hors ch

 

 

 

 

 

Entrée 2

 

Une force en marche, portée par une musique grandiose, « l’ode à la joie »,  s’est imposée.

 

Macron ne s’est pas séparé de la foule de ses partisans, comme l’avait fait Mitterrand, il s’est interposé entre eux et la pyramide.

La dramaturgie télévisuelle a construit l’espace de la consécration : le point de vue de la caméra s’est maintenue à distance pour laisser le héros seul face de l’Histoire dans laquelle il s’inscrit.

Face à l'H

Le creuset gouvernemental

La constitution de son gouvernement, subtil cocktail — qui mêle vieux routiers de la politique, compagnons de marche et acteurs de la société civile, choisis en fonction de leur compétence et de leur réussite professionnelle — est la marque d’un art brillant de l’exécution.

Gouvert Macron

 

Par ce fait, Marcon a tenté de renouveler l’opération alchimique napoléonienne de l’amalgame entre les grognards et les nouvelles recrues.

 

La charge de cavalerie conduite par Macron relève-t-elle d’un simple génie tactique ou est-elle annonciatrice, d’une stratégie de transformation de la société française ?

Montée Elysée

 

Est-elle la mise en place des éléments fondateurs d’une nouvelle époque ? Il est trop tôt pour en juger. Il n’est pourtant pas trop tôt pour en signaler les effets immédiats dans la société politique française.

 Tout est affaire de point de vue

« Tu comprends, sur cette Terre, il y a quelque chose d’effroyable, c’est que tout le monde a ses raisons. »

Règle du jeu avec Jurieux

Jean Renoir (Octave) et son ami Jurieux

C’est ainsi que dans une scène-clé du film de Jean Renoir, La Règle du jeu, le personnage d’Octave, joué par Jean Renoir, explique une des règles du jeu social à son ami Jurieu.

Affiche film-1

 

Marron bouleverse la règle du jeu politique.La mise en perspective des motivations et des actions humaines résonne avec la déclaration de Gandhi : Chacun a raison de son propre point de vue, mais il n’est pas impossible que tout le monde ait tort.

Diderot exigeait de l’artiste deux qualités essentielles : la morale et la perspective. La morale caractérise la nature de la relation nouée avec le spectateur. La perspective désigne le point de vue que le peintre introduit dans son tableau.

Pour Diderot, la question du point de vue s’appliquait également à l’intelligibilité du monde. Cette règle du jeu vaut pour le politique.

Explication ou compréhension de l’événement ?

Prendre la mesure de l’événement ou évaluer son sens ? Pour entreprendre cette tâche, il faut s’en donner les moyens au plan de l’analyse. Il s’agit de donner une place aux sciences sociales et humaines et, ainsi, échapper au “politicisme”. Il importe de passer d’une explication qui fait appel à l’analyse des chiffres et à une logique positive pour accéder à une compréhension du phénomène qui met en œuvre des relations sociales, des motivations subjectives, des processus de communication fondés sur des récits symboliques…

Je propose le néologisme de « politicisme », en analogie avec l’historicisme critiqué par Walter Benjamin dans son essai posthume, « Thèses sur la philosophie de l’histoire ».

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«L’historicisme se contente d’établir un lien causal entre les différents moments de l’histoire. Mais aucune réalité de fait n’est jamais, d’entrée de jeu, à titre de cause, un fait déjà historique

W.B Thèse sur l'H

Le “politicisme” serait un point de point de vue explicatif de l’action politique développé par les médias et certains politistes sur la base :

  • de données essentiellement quantitatives ;
  • du déterminisme causal ;
  • de la conversion du nom propre en courant politique (chiracisme, hollandisme, jupéisme, fillionisme …) ;
  • de la négation, ou de l’occultation, des instances de médiation (association, élus locaux ;
  • de l’oubli de la composante culturelle de l’action du politique.

Le macronisme ?

L’ouverture des possibles représentée par l’élection de Macron, et des effets différés qui commencent à se manifester, obligent à éclairer ce qu’il y a de contemporain dans le phénomène Macron. Contemporain, au sens défini par le philosophe Giorio Agamben :

Contemporain est celui qui reçoit en plein visage le faisceau de ténèbres qui provient de son temps.

Si la mutation des leaders des politiques en courants définis par le suffixe “isme” est généralement un pur artifice nominal, on peut pourtant s’interroger sur  ce que pourrait être le macronisme. De quoi serait-il constitué ?

Trois directions d’analyse seraient susceptibles d’orienter la réflexion à venir.

  • Le dépassement des oppositions binaires irréductibles., telle que droite/gauche.
  • Le primat de la personne (le personnalisme  du philosophe Mounier repris par la revue Esprit) en considérant le sujet de parole et d’action.
  • La verticalité de l’exercice du pouvoir  qui reste à conjuguer avec la recherche des dispositifs de dialogue et de concertation avec la société.

Un faisceau d’oppositions

Ce n’est pas tant la dualité droite/gauche qui est niée par Macron que le dépassement d’une opposition, figée et irréductible des partis de gauche (PS et alliés) aux partis de droite (LR ; UDI…). Le phénomène Macron procède et réalise une transformation profonde du  régime socio-politique de la Veme République.

Ce que révèle l’événement Macron, en même temps qu’il l’accélère, est la désagrégation des structures des partis, incapables de se renouveler, insensibles aux changements sociétaux, essentiellement préoccupées par leur survie ou plutôt de celle des appareils gardiens d’idéologies momifiées.

Le constat qui a guidé le mouvement En Marche — l’engagement dans l’action et la force conjuguée de la volonté et de l’optimisme — a élargi le champ des possibles de la politique, au delà de la reproduction de l’alternance droite/gauche.

À la place de cette opposition quasi métaphysique, s’est  substitué un faisceau d’oppositions binaires qui sont mouvantes : conservateur/progressiste ; patriote/mondialiste; élite /peuple ; société ouverte/société fermée… Cette conjonction d’oppositions, qui ne se recouvrent pas, transcendent l’opposition droite/gauche donne de l’élasticité et du mouvement à la recomposition politique en marche. Cette logique complexe qui échappe à l’opposition binaire peut être illustrée par une parabole de Kafka.

Lisez Kafka

Le récit des deux antagonismes

Il y a deux antagonismes : le premier le pousse de derrière depuis l’origine. Le second barre la route devant lui. Il se bat avec les deux. Certes le premier le soutient dans son combat contre le second car il veut le pousser en avant et de même le second le soutient dans son combat contre le premier, car il pousse en arrière. Mais il en est ainsi que théoriquement. Car il n’y a pas seulement les deux antagonistes en présence mais aussi, encore lui-même, et qui connaît réellement ses intentions ? Son rêve cependant, est qu’une fois, dans un moment d’inadvertance — et il faudrait assurément une nuit plus sombre qu’il n’y en eut jamais — il quitte d’un saut la ligne de combat et soit élevé, à cause de son expérience du combat, à la position d’arbitre sur ses antagonistes dans leur combat l’un contre l’autre.

goya duel

Goya duel

L’opération décrite par Kafka met en évidence ce qu’un des grands théoriciens de la communication pragmatique personnelle, Bateson, a théorisé à propos des niveaux possibles du changement, en prenant l’exemple du mouvement. La forme la plus simple du mouvement est le changement de position. Le mouvement peut subir un changement par l’accélération ou la décélération.

Changer de repères pour changer la situation

Il est également possible de sortir du cadre lorsque la situation est bloquée. Le passage à un autre niveau logique qui passe par le saut et la discontinuité rend possible la transformation. Le génie de Kafka, résonne avec les intuitions de la logique  formelle de Russel élaborée à la même époque dans le premier quart du siècle.  À la place de cette opposition quasi métaphysique, s’est  substitué un faisceau d’opposition duelle qui sont mouvantes.

Cent ans plus tard, le génie tactique de Macron renouvelle l’opération dans le domaine du politique. Le récit de Kafka illustre par anticipation, celle de l’imaginaire, l’intervention de Macron dans le champ de forces de la vie politique français de la Ve République. Pour mettre un terme à ces deux antagonismes, droite/gauche, qui se sont succédé alternativement, Macron dépasse la contradiction. Il quitte l’axe rectiligne et par le fait d’un changement de repères, par une opération mentale et intellectuelle, il modifie la situation.

La manière de faire de la politique : un art de faire

Pour ce qui est des effets différés de l’accession à la présidence de Macron, ils sont aujourd’hui difficilement identifiables. Ils dépendent de la volonté et de la raison de Macron qui règleront le tempo de sa (dé)marche, et, en même temps – comme dirait l’autre – d’une multiplicité de facteurs structurels et circonstanciels qui lui échappent, comme ils échappent aux analystes et aux acteurs politiques. Comme l’a montré Michel Foucault, le pouvoir se manifeste par la capacité d’agir sur l’action des autres. De ce point de vue, les mots et les expressions performatives sont dotés de pouvoir.

La tactique et la stratégie selon de Certeau.

Michel de Certeau, historien et psychanalyste qui avait, à chaud, remarquablement analysé les événements de mai 1968, nous donne, dans une livre capital, L’invention du quotidien. 1. arts de faire,  les éléments pour comprendre la distinction entre tactique et stratégie.

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« La  tactique, écrit-il, est un calcul qui ne peut pas compter sur un  « propre » ni donc, sur une frontière qui distingue l’autre comme une totalité visible. La tactique ne peut saisir l’autre en entier sans pouvoir le tenir à distance. »

La tactique dépend du temps. « Ce qu’elle gagne, elle ne le garde pas. »

La formation du gouvernement relève d’une tactique de court terme. Celle-ci s’est manifestée dans l’instant de la manœuvre : l’art d’exécution était borné par les législatives.

Gouver.

Le régalien a été attribué à la « firme » en mouvement. L’économique a été laissé en jachère à la droite libérale et peu étatique. Le sociétal et le culturel concédés aux compétences sectoriels de professionnels reconnus par leurs pairs et par leur réussite.

Et, pour clore la brillante distribution,  Hulot, personnalité médiatique et starisé, a été le joker chargé d’introduire et d’insuffler une pensée de l’environnement dans un cadre large qui inclut les transports, l’énergie.

— Fini les vacances Monsieur Hulot ! Au boulot.

Vacances hulot

Hulot

Le gouvernement nommé par Macron, dirigé par Édouard Philippe est moins un assemblage hétéroclite qu’un métissage de parcours. L’opération fait le pari que cette diversité n’est pas une mosaïque colorée mais dessine des motifs qu’on peut retrouver dans les discours et la pensée de Macron.

Avec sa brillante élection et une probable victoire de La République En Marche aux élections législatives, Macron peut forger une stratégie, c’est-à-dire accéder à :

« un rapport de forces qui devient possible à partir du moment où un sujet de vouloir et de pouvoir est isolable d’un « environnement ».»

La stratégie lui  permet de disposer d’un « propre» : elle sert de base et d’orientation à une gestion  des relations avec une extériorité distincte : les forces sociales et politiques qui lui restent à convaincre.

Il reste au général d’armée de réussir l’amalgame entre les trois composantes qui se juxtaposent plus facilement qu’elles ne se mélangent dans un alliage stable. C’est par la construction d’une stratégie que le Président de la République pourra articuler sociale démocratie réformatrice et libéralisme étatique. Tout est dans la conjonction de coordination : le temps du même et du différent.

On s’est beaucoup gaussé de la formule de Macron : « Et en même temps ». Ce n’est ni un tic de langage ni un usage simpliste de la pensée dialectique. Peut-être une pensée empruntée à Ricœur sur l’expérience du temps vécu dans un récit et une incarnation.

Une communication pragmatique 

Le médium de la communication de Macron est sa propre personne dont l’histoire est contée dans ce qu’elle a d’exceptionnelle : sa vie privée,  son itinéraire professionnel, ses expériences vécues dans un temps accéléré. Dans ces domaines, Macron change la règle du jeu. Il met en œuvre le fameux « dire c’est faire » austinien (how to do things with words). Avec les mots, on ne fait pas que dire, on agit et on agit aussi sur les autres dans l’interaction.

La communication de Macron, pour l’instant, est un énoncé relativement pauvre en signification, qui met l’accent sur la transformation, le dépassement, le mouvement. En revanche, il y a chez lui, une valorisation de l’’acte de dire, l’énonciation, qui vise le contact avec le(s) destinataires ce qu’on appelle la fonction phatique. Beaucoup d’interlocuteurs de Macron ont noté que lorsque ce dernier s’adresse au destinataire, celui-ci a le sentiment qu’il représente à cet instant la personne la plus importante. Son énonciation est une énonciation de face à face. Une oralité emphatique. Elle utilise tous les procédés d’insistance ou de mise en relief., dans le phrasé.

Dans l’énonciation  se mélangent, aujourd’hui plus que jamais, art, philosophie, anthropologie, politique, publics, citoyens et acteurs sociaux en des actes et des œuvres ouvertes et plus ou moins éphémères.

La valorisation du symbolique

Au contraire de l’usure du symbolique qui dans les vingt dernières années donnait à cette notion une dimension anecdotique, sans grande profondeur, calée sur un temps quotidien et banalisé, Macron valorise le symbolique dans la définition qu’a pu en donner Ricœur.

Le mot symbole,  « paraît bien convenir pour désigner les instruments culturels de notre appréhension de la réalité : langage, religion, art, science . Ricœur, dans, De l’interprétation, essai sur Freud, développe la notion. La fonction symbolique consiste à « vouloir dire autre chose que ce que l’on dit.» Il y a symbole, « là où l’expression linguistique se prête par son double sens ou ses sens multiples à un travail d’interprétation ». Là où le discours et les images imposent un travail d’interprétation de la part de celui qui en est le destinataire.

  La République en marche : un fan club, un mouvement ou un dispositif ?

Quelles forces sociales politique et culturelles pour transformer l’essai ? Elles sont à mobiliser dans le temps du mandat : l’enjeu est  d’amalgamer des forces vives qui, aujourd’hui, ne se sont rencontrés que le temps d’une élection, dans l’anonymat de l’urne.

Dans une citation  canonique, Foucault envisage le dispositif comme le « réseau » qu’il est possible de tracer entre les différents éléments :

« d’un ensemble résolument hétérogène, comportant des discours, des institutions, des aménagements architecturaux…, des mesures administratives, des énoncés scientifiques, des propositions philosophiques, morales, philanthropiques… Bref,  du «dit, aussi bien que du non-dit ». (Foucault., 1994 [1977]. « Le jeu de Michel Foucault », Dits et écrits, T. II., Paris)

Le dispositif, tel que le conçoit, Foucault est une formation historique spécifique, issue du jeu de ces différents éléments hétérogènes. Un dispositif se met d’abord en place pour remplir « une fonction stratégique dominante », souvent pour « répondre à une urgence. Une des caractéristiques du dispositif est de survivre à l’intentionnalité et aux visions qui ont présidé à sa mise en place.

Le Président est philosophe. À lui de ne pas oublier les leçon de ses maîtres et de placer le gouvernail de la pensée au centre de ses autres moyens d’action. Cette pensée est celle du devoir de culture du politique, c’est elle qui permet de forger du commun dont la force symbolique est aussi de préserver la dignité et les droits culturels de chacun.

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