Archives de Tag: Jacques Noël

L’homme aux valises

 Non seulement le blog permet de changer le sens de déroulement du temps, mais il permet l’ubiquité. Tel ce personnage qui croyait appartenir à telle famille artistique, se trouve transporté dans une autre, qui lui était étrangère. Ce transfert ne fait pas de lui un personnage adopté ou en transit, il dédouble son existence. Et voilà le rêve  du théâtre réalisé sur l’écran : le personnage est son double. Le blog est un dispositif de duplication

Et de plus, je m’en rends compte seulement aujourdhui, le blog est une machine à générer de l’affinité élective et affective. La dualité d’existence du personnage produit des liens

Rendez-vous compte. Sans que j’y sois pour quelque chose, un nouveau personnage est venu échouer à la porte de mon blog. Il n’a pas eu à frapper les trois coups. Je ne vous cache pas que je l’ai fait rentrer avec un grand plaisir : il avait dû errer de longues années avant de trouver un lieu virtuel où poser ses bagages. Il venait du monde du théâtre ou plutôt, il sortait des coulisses du décor et attendait de faire son entrée ailleurs que sur les planches de la scène.

Que je vous raconte d’où il vient.

C’est mon amie Hazel Karr qui me l’avait signalé de l’autre côté du miroir. Je lui avais envoyé mes vœux, dont j’avais emprunté la photo aux vœux que m’avait envoyés Claude, vous voyez, c’est une histoire à tiroir.


Prends ta valise et quitte cette foutue 2011 pour la suivante. Ne mets dans ta valise que ce qui t’est le plus cher : l’amitié, la tendresse, la mémoire des plaisirs d’hier et tes projets pourdemain… Et bon vent pour la prochaine.

 Hazel a dû éprouver une certaine affinité avec les personnages de Claude Hazanivicius ; elle m’a présenté un personnage qui a été créé, ainsi que le décor dans lequel il s’était perdu, par Jacques Noël, un merveilleux décorateur de théâtre des pièces de Ionesco, Dubillard…, et de bien d’autres ainsi que des mimodrames de Marcel Marceau.

Je vous laisse l’adresse de son site, vous comprendrez  ce qui se joue dans ses frottements d’imaginaires entre auteur, metteur en scène et plasticien : des affinités entre des textes, des personnages en action et des lieux qui les accueillent, des affinités multimédia pour parler comme on parle aujourd’hui.

http://art.asso.free.fr/jacques-noel/jacques-noel-accueil.htm

Il se trouve que Hazel est peintre. Et si je n’ai pas encore trouvé de personnage à valise dans ses toiles, c’est parce que ceux qui y vivent et les animent sont plutôt de l’espèce animalière. Mais d’une espèce particulière qui séjournent et gambadent dans des atmosphères colorées et magiques dont ils parcourent les étendues sans valise, sans tambour ni trompettes.
Vous allez vous perdre dans ses toiles ou plutôt perdre vos repères.
Et si vous souhaitez repasser devant le miroir et retrouver le monde réel, un peu plat et terne, il faut le dire, vous n’aurez qu’à quitter son site : http://www.hazelkarr.com/

1 commentaire

Classé dans coup de cœur et affinités, personnages de Claude H.

L’homme à la valise est tombé dans le décor

Un lecteur ou plutôt une lectrice, une seule, histoire de vous faire comprendre que mon blog n’est pas encore un blogbuster m’a demandé comment s’est effectué ce parachuttage du personnage de Claude H dans le décor de Jacques N.

J’ai mené mon enquête. Je vous la restitue partiellement.

Les premiers témoins de l’aterrissage de l’homme aux valises sont Jean-Louis Barrault, Jean Anouilh et Jacques Noël qui passaient par là, au moment de « l’adécorage ». D’ailleurs si la légende la photo est factuellement exacte, elle ne l’est pas poétiquement. Ces trois hommes de théâtre sont sous l’emprise de la sidération de voir apparaître un personnage qui n’avait pas été prévu par Ionesco dans L’homme aux valises.

Je vous recommande d’ailleurs d’aller vous promener sur le site de Jacques Noël, cela vaut le détour, comme Amsterdam. C’est peut-être la raison pour laquelle le personnage de Claude  y  a débarqué.

Pourquoi est-il venu seul sans son épouse ? C’est tout simple : le titre de la pièce de Ionesco est L’homme aux valises, que voulez vous qu’il fît avec son épouse ? Et puis, peut-être avait-il envie d’aventures extra conjugales. On le comprend.

Toujours est-il qu’il a atterri sans encombre. Est-ce qu’on dit atterrir lorsqu’on tombe du ciel dans un décor ? Adécorir alors ? Bref — chez moi, le bref est une manière de changer de sujet. Bref, le voilà descendu de sa monture céleste.

Il a parcouru le décor, ses valises à la main. Au départ il n’en avait qu’une, peut-être a-t-il fauché celle de sa compagne, « personnage femme », pour s’équilibrer dans les cieux ? On comprend que cette dernière soit furieuse. Elle n’a plus de linge de rechange.

Toujours est-il qu’il s’est retrouvé dans un salon, accueilli par une charmante créature. Finalement, il a bien fait de venir seul.

Je me renseigne et je vous raconte la suite.

En attendant, je retourne à mes affinités avec ce cher Walter.

Poster un commentaire

Classé dans coup de cœur et affinités, personnages de Claude H.