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J’ai rêvé la Révolution

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La pièce écrite et mise en scène par Catherine Anne, J’ai rêvé la Révolution, présente toutes les caractéristiques d’un rêve. La représentation en dévoile d’abord le contenu manifeste. Le récit de ce « rêve de Révolution » est simple : il raconte les cinq derniers jours d’une prisonnière conduite dans sa cellule par un jeune soldat en attendant son jugement par un Tribunal révolutionnaire. L’évidence et la transparence du récit sont le fait d’une écriture dramatique épurée qui évoque une vie réelle, celle d’Olympe de Gouges. Et ce sont les composantes essentielles de la mise en scène (la distribution des personnages, le jeu des comédiens, le dispositif scénique, le rapport au spectateur) qui jouent le rôle de révélateur du contenu latent de ce rêve de théâtre.

Ce rêve est une œuvre artistique dont les effets sur la sensibilité du spectateur  ne manquent pas de faire trace. Cette dernière, largement subjective, nourrie de ma mémoire de théâtre et de ma culture  politique, est l’objet de mon propos.

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La  représentation tire sa force et sa richesse d’une écriture dont Catherine Anne nous dit qu’elle est celle d’une « pièce intimiste ». Ici l’intime ne renvoie pas seulement au destin singulier d’un personnage de femme inspiré par des éléments de vie d’une héroïne de l’histoire, celle des vaincus, longtemps  négligée par la grande Histoire. L’intime de l’écriture est aussi celle de l’exigence de l’auteure : témoigner d’un combat, celui du droit des femmes occultés par les droits de l’Homme qui laissaient la moitié de l’humanité à la marge. Cette nécessité trouve les moyens esthétiques pour se dire.

L’ intime du Je qui écrit et met en scène s’élargit à l’intime de tous ceux qui ont « rêvé la Révolution » dans un engagement qui a été  dépassé et/ou emporté par elle.  Écriture “à l’os”, d’où sont exclus pathos et psychologie. Écriture éminemment théâtrale et minimale dont la représentation fait jaillir le sens profond.

LIvre J'ai

J’ai rêvé la Révolution est au théâtre spectaculaire, porté par l’artifice et la technologie, ce que le quatuor à cordes est à la musique orchestrale au cinéma, lorsqu’elle vient accompagner et illustrer le récit.

Une écriture théâtrale de l’intime

La représentation bouleverse, émeut, éclaire l’intime de chacun d’entre nous. La dynamique affective est portée par une écriture dramatique qui va à l’essentiel : la situation des personnages et de leurs engagements. Ce mouvement de l’écriture projette une histoire controversée, celle de la Révolution, sur la vie de personnages broyés par le mécanisme de l’Histoire, toujours écrite par les vainqueurs. La pièce donne une résonance, et un prolongement, à la vie d’Olympe de Gouges fauchée par la terreur de Thermidor.

Le récit, dans sa manifestation sur la scène du théâtre, produit des remémorations et des actualisations qui affectent le spectateur. Ces résonances sont le fait d’une forme esthétique totale — comme on parle de « fait social total »  —  construite par la mise en scène. Celle-ci, sur la base d’une écriture exigeante et poétique, fait entendre un monde sonore qui fait se croiser les bruits de la ville d’aujourd’hui et les chansons populaires d’hier. Ces résonances rythment le récit, comme une chanson, celle que fredonnaient les victimes et les sacrifiés des purges politiques. Il en va ainsi, par exemple, du chant des députés condamnés sans procès, conduits à l’échafaud qui vient hanter le sommeil des personnages. Comme des exigences de liberté qui continuent de s’exprimer aujourd’hui, ici et là.

Imaginaire et réalité ; fiction et évocation d’une vie réelle ; condensation du temps présent et remémoration du passé… Dans ce « rêve de la Révolution » se fondent les paroles et les actions des personnages, leurs relations complexes dans le dispositif scénique qui les accueille. Les événements extérieurs, qui accompagnent les cinq derniers jours de la prisonnière, pénètrent dans l’intime des personnages,  éclats  qui viennent troubler leur rêve.

Mère et soldat
La mère (Luce Mouchel) et son fils, le soldat, (Pol Tronco).
La Mère. Un rêve je te raconte un rêve
Réveillée en sursaut dans le chaud de mon lit
Je pensais à cette femme 
Blottie glacée sur sa planche.
Dans les citations du texte, je reprends la graphie sans ponctuation utilisée par l’auteure

C’est par le rêve, souvent un cauchemar, que la mère du soldat accède à la compassion :

La mère. Tous ces prisonniers  que tu gardes
Pauvres gens
Moi je pense à leurs mères 
La nuit ça me réveille

C’est par le rêve que la prisonnière conserve son espoir dans la Révolution. La force de l’écriture de Catherine Anne est de montrer que l’injustice et les exactions conduites au nom de la révolution ne détruisent pas l’espoir d’un monde plus juste.

La prisonnière.Je me rêve oui
Dans un monde libéré des tyrans
Un monde sans écrasement
Sans soumission extrême sans pauvreté extrême sans force extrême 

Le vingtième siècle a été  l’objet d’un phénomène de dévoiement : le rêve d’émancipation porté par les révolutions en URSS, en Chine, à Cuba… s’est trouvé accompagné d’un processus d’élimination de ceux qui ont voulu sauvegarder leur liberté d’expression et/ou exercer le devoir d’hospitalité dont parle Jacques Derrida. Qualifiés d’ennemis de la Révolution, leur vie a été broyée par un mécanisme aveugle.

L’écriture de Catherine Anne convoque la mémoire enfouie de l’histoire. Celle-ci, son tour, vient réveiller une réflexion politique contemporaine sur le Pouvoir et la liberté individuelle qui s’y confronte. L’écriture dramatique et l’écriture scénique (le « fait esthétique total») réalisent toutes les promesses évoquées par le titre. Le rêve renvoie à des réalités multiples et contradictoires ; il mobilise des personnages qui, au-delà de leurs singularités, sont des métaphores de l’engagement et de la responsabilité vis-à-vis de l’autre.

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Prionnière et gardien

La prisonnière (Catherine Anne) et le jeune soldat (Pol Tronco).

La prisonnière a été conduite en prison pour s’être dressée contre la tyrannie et battue pour la défense de droits de l’homme et de la femme. Elle avait tentée de diffuser une affiche protestant contre la guerre civile et la confiscation du pouvoir par ceux qui ne sont guidés que par leur ambition de pouvoir et la volonté de le conserver.

Le jeune soldat qui se proclame gardien de la Révolution veut lui enlever les seuls objets qu’elle a conservés, les seules armes dont elle dispose : du papier et de l’encre.

Le jeune soldat. Quoi sert d'écrire
Aucune lettre sortira d'ici
La prisonnière. J'écris pour exister
Exercer mon droit
Le jeune soldat. Tu parles trop toi
La prisonnière. Rien ne me fera taire

 L’espace scénique

L’espace du plateau est partagé en deux parties séparées par un simple dispositif transparent. La cellule de la prisonnière est adjacente à la petite loge occupée par le soldat et sa mère.

Les chemises suspendues tout autour des trois murs de la scène n’ont pas seulement une dimension décorative : elles ont une fonction d’évocation de ceux qui les ont portées et qui ne sont plus, emportés par les tempêtes de l’Histoire.

Priso. Mère et soldat

La prisonnière (Catherine Anne) ; la mère du soldat (Luce Mouchel); le jeune soldat (Pol Tronco). Scénographie : Élodie Quenouille. Photo Hervé Bellamy.

 

Cet élément plastique de la scène rappelle les installations de Christian Boltanski qui  fonctionnent comme des remparts contre l’oubli et la mort.

boltanski vue géné

Monumenta 2010. Grand Palais

 

En 1988, Boltanski,  s’était s’emparé d’un nouvel élément, le vêtement,

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C. Boltanski. Remparts contre l’oubli et la mort

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 L’usage du vêtement, chez Boltanski est, lié au thème de la mort ; il  est aussi une trace ou une empreinte qui témoigne d’une vie passée.

Les personnages et le jeu des acteurs

Difficile de parler du jeu des comédiens, tant il semble d’évidence. Non pas naturel mais juste. Jeu maîtrisé  par la volonté d’éviter toute extériorité expressionniste comme tout naturalisme. Ce jeu épuré donne une visibilité à leurs tensions internes qui n’ont rien de  psychologiques : elles relèvent d’une prise de conscience différenciée de la situation dans laquelle se trouvent les personnages, du fait des circonstances et de leur engagement.

La Révolution a plongé le jeune soldat dans l’âge des certitudes. Celles qui lui font considérer les “fortes têtes”, comme celle de la prisonnière qu’il garde dans la cellule, comme des ennemies.

 Le jeune soldat. Nous
Gardiens de la Révolution
Nous
Hommes sachant contenir les désordres des femmes
Nous qui avons le pouvoir 
Saurons te faire taire.

 C’est la question du Nous, les acteurs de la Révolution, qui est posée. De ce Nous, qui dans toutes les révolutions, se pose comme possesseur de la Vérité révolutionnaire pour justifier l’élimination des ennemis de la Révolution.

Ce Nous, aussi c’est celui “des affaires d’hommes” qui ne peuvent concerner les femmes.  La faute de la prisonnière est de s’être occupée de politique ; d’écrire ce qu’elle pense. Le jeune soldat à peine sorti de l’enfance ne manque pas de faire la leçon à sa mère :

Le jeune soldat. C'est ça maman la catastrophe
Vos humeurs
Vos humeurs de bonnes femmes
Heureusement nous les hommes nous gardons tête froide

Ces deux figures opposées du soldat gardien de Révolution et de sa prisonnière à qui il reproche  de ne pas avoir « la modestie de son sexe », sont confrontées à la mère du soldat. Celle-ci par son empathie, son souci de l’autre, son hospitalité accède vite à l’intelligence de la situation :

Le jeune soldat Les ennemis de la Révolution doivent périr
pour que vive
La Révolution
La mère.Tu parles comme une affiche mon fils
Le jeune soldat.Tu n'y comprends rien
La mère. Je n'y comprends rien […]
Le sang coule trop
Le sang appelle le sang
Le jeune soldat.Tais-toi maman
La mère. Je me tais.
Le jeune soldat.Tu ne peux t'empêcher de penser
La Mère — Ben oui

Le jeu de Luce Mouchel et de Pol Tronco sont significatifs de ces personnages qui n’ont pas de  “propre” qui leur permet d’accéder au statut de Sujet historique. Leur jeu ne peut qu’être celui d’une présence, d’une intériorité qui ne peut ni se cacher ni prendre véritablement la parole. Ce sont les  « vies minuscules » de la mère et de son fils que jouent lumineusement Luce Mouchel et Pol Tronco. Durant ces cinq jours, la prisonnière par son courage et son engagement dans ses idées, éveille la conscience de la mère du jeune soldat.

Priso. Mère et soldat

La prisonnière (Catherine Anne) ; la mère du soldat (Luce Mouchel); le jeune soldat (Pol Tronco). Scénographie : Élodie Quenouille. Photo Hervé Bellamy.

 

L’intervention d’un nouveau personnage, celui de la belle-fille de la prisonnière,  introduit une nouvelle donnée dramatique. La jeune femme qui cherchait un moyen de faire passer à la prisonnière un colis contenant du linge, des livres des bonbons et une lettre de son fils  va demander à la mère du soldat, croisée devant la prison, de l’aider à transmettre un colis.

Le quatuor

La prisonnière ; la jeune femme (Morgane Real); le soldat ; la prisonnière.

 

Durant la scène de visite, en présence du soldat et de sa mère, la jeune femme vient donner des nouvelles de son mari : sa blessure guérie, il est reparti sur le front sans avoir pu — voulu ? — rendre visite à sa mère. Cette scène est lourde de non-dits. La mère du soldat qui a compris la situation tente de faire sortir son fils pour laisser les deux jeunes femmes seules.

La mère. Tu boucles la porte tu viens m'aider tu reviens tu ouvres 
la porte
Trois serrures que crains-tu 
Laisse la jeune personnes finir sa visite
Écoute ton bon cœur
Le jeune soldat. Maman les ordres
La mère. Quand un ordre est sauvage
Le soldat. Maman
La mère. Qui le saura
Le soldat. Ma conscience
La Mère. Ta conscience elle applaudira

Cette scène capitale, tant sur le plan du récit que sur celui des relations entré la prisonnière et sa belle-fille introduit une donnée nouvelle dont les conséquences se révéleront plus tard dans le récit. D’une part, la prisonnière fait preuve d’une grande liberté de ton avec sa belle-fille : elle va jusqu’à lui demander si son fils est un « bon compagnon pour elle , un bon amant ». D’autre part, elle refuse le projet d’évasion qu’elle  lui propose. Dans le colis que doit lui faire passer la mère du soldat, elle cachera une clé, un passe pour sortir de la prison. La prisonnière rejette ce qui, à ses yeux, serait un aveu de culpabilité. Elle veut être jugée

La prisonnière. Fuir avant mon procès
Autant me déclarer coupable
Je me sais innoncente
Patriote
Toujours j'ai bataillé pour le bien de tous
Toujours fait de mon mieux
Et toujours écrit ce que je pense

 

La mère  n’a pas voulu prendre le risque de faire parvenir à la belle-fille de la prisonnière les écrits de la prisonnière.. En revanche, elle accepte de lui faire passer un colis. Nul héroïsme d’ailleurs dans le comportement de la mère : elle est guidée par la compassion pour le dénuement de la prisonnière et les, œufs, lait, qu’elle reçoit en échange pour nourrir son fils.

Le personnage de la Prisonnière, joué par Catherine Anne, est un grand personnage de théâtre : elle possède “un propre” qui lui est donné par sa condition de femme émancipée. Elle dispose des moyens et de la volonté de témoigner.

Priso et Art.1er

 

Durant les cinq jours qui séparent son incarcération de sa conduite à l’échafaud, elle noircit des feuilles de papier. Préparant les éléments de défense qu’elle compte développer devant le tribunal révolutionnaire ; transcrivant la mémoire de son combat pour le droit des femmes à s’occuper de politique et conquérir le droit d’expression publique qui leurs sont refusés.

Durant ces cinq jours, l’espoir d’avoir un défenseur, d’être jugée par un jury en quête de vérité s’estompe. Le regard que la prisonnière jette sur son destin est de plus en plus lucide. Pour ne pas se laisser gagner par la peur, elle échappe au désespoir par un magnifique monologue qui lui permet de mettre à distance ses démons. On aimerait pouvoir ici citer ce texte dans sa totalité.

Ce qui est remarquable est l’adéquation entre le lyrisme de l’écriture et la diversité des couleurs du jeu de Catherine Anne qui passe de l’aveu de la peur qui la saisit à la folie qui la gagne. Et c’est encore par la parole que la prisonnière se raccroche à la vie.

[…] Encore la nuit
Encore une nuit
Je ne tiens plus dans ma peau 
Rien d'Humain
J'ai peur […]
Les mots d'Olympe de Gouges viennent se glisser 
dans le texte de la prisonnière :
“Je suis née avec un caractère emporté, avec un cœur trop sensible,   qui m'ont entraînée et qui m'ont été bien nuisibles” [ lettre à  la Comédie française, octobre 1789] .

 

Les mots que j'ai écrits
Tourbillonnent dans ma tête
Compagnons obstinés
Tant de mots 
Tant de phrases
Tant de pensée tracées sur le papier 
Pour quelle destinée.

Le jeu de Catherine Anne trouve son accomplissement et  parfois, aussi, une fantaisie  dans la dernière scène où sa belle fille est venue lui rendre l’ultime visite.

priso. et belle fille

L’ultime visite de la jeune femme (la belle-fille jouée par Morgane Real)

 

Cette scène livre un niveau de sens qui jusque-là était resté en souffrance. La jeune femme ainsi que  son mari, ont toujours désapprouvé les folies de la prisonnière.

 

 

Loin  d’être une scène d’adieu convenue, la scène révèle  la fracture entre la prisonnière et son fils Pierre.

La jeune femme.  Pierre ne t'approuve pas
La prisonnière. Il réparera l'injustice faite à sa mère
La jeune femme.  Il ne t'a jamais approuvé de t'exposer ainsi
 La prisonnière. Il vengera ma mort.
La jeune femme. Laisse le vivre enfin
Ce printemps tu l'as pourchassé jusqu'en ville à peine remis de ses blessures […] Il a filé 
pour t'échapper
Échapper au scandale qui s'attache à tes pas.

Scène où une autre vérité se fait jour. Scène qui permet à Morgane Real de trouver un registre conflictuel où son personnage peut enfin prendre sa parole, en son nom.

La jeune femme. Naïve pauvre folle
Ton fils toujours muet dans ton sillage
Garçon jeune homme  homme
T'es tu demandé ce qu'il pouvait ressentir
dans le tourbillon de tes extravagances
Tu te vantes de l'avoir élevée seule
Tu racontes partout la brutalité gauche de son père
La prisonnière  La vérité.
Priso. et belle-fille

La prisonnière et sa belle fille (Morgane Real)

 

Cette dernière scène permet à deux vérités de s’affronter.

La prisonnière. Pas de regret
J'ai vécu comme j'ai voulu
Beaucoup ri beaucoup appris beaucoup aimé
Et même écrit
Une sacrée bonne femme non
Je vais rejoindre ma petite fille
La jeune femme. Quelle petite fille
La prisonnière. Une que j'ai vu mourir autrefois
Elle n'avait pas encore marché pas encore parlé
Toute petite emportée par la fièvre
Mon plus noir chagrin.

Le personnage de prisonnière n’est ni une Mère Courage ni une Mater dolorosa.  Elle est une figure intemporelle, ou plus exactement une figure (a)temporelle de femme, une individuation de femmes résistantes comme Louise Michel, Rosa Luxembourg, Danièle Casanova et tant d’autres ; une compagne de lutte des femmes  qui ont participé aux révolutions dans la rue ou sur les barricades et que toutes les révolutions, une fois achevées, ont renvoyées dans leur foyer.

La dernière scène de la pièce opère un saut dans le temps.

Deux femmes, jouées par Luce Mouchel (la mère) et Morgane Real ( la jeune femme), viennent  réparer la déchirure du temps et opérer le raccord entre le XVIIIe et  XXIe siècles. Dans leur costume d’aujourd’hui, elles entourent la prisonnière  qui sourit en continuant d’écrire.

La jeune femme du XXIe siècle. Maman ?
La femme du XXIe siècle. J'aimerais remonter le temps, lui parler à 
l'oreille… Lui dire que ses textes ne vont pas disparaître. Lui dire que j'admire son courage, sa force. Sa force faible.

La poésie du théâtre a réalisé le Rêve de Révolution. La mémoire froide, celle qui restitue le mythe dans la distance s’est amalgamée à la mémoire chaude qui rend vivant le mythe. La théâtre avec cette pièce et son incarnation  sur la scène a été l’opérateur de la fusion. Il faut remercier Catherine Anne et le collectif artistique d’avoir réalisé cette alchimie où passé et présent se tissent ; où la langue d’une grande efficacité dramatique dévoile et masque les contradictions des personnages ; où le dispositif scénique est à la fois une machine à jouer, une amplification des bruits de la ville et cet espace clos où se heurtent  les vérités et les  consciences des personnages. Cette alchimie est de l’ordre de l’art.

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